27.10.2008
sept 2008 : 1450km en kite-bivouac
12 septembre : Arrivé hiers soir à Paracuru, le village est désert, le spot également mais le vent est là. Aujourd'hui mise en jambe de 3 heures de run pour une reprise de contact avec le kite après une interuption de 10 mois... Je n'étais même pas sûr de savoir encore monter les lignes !! J'en ai profité pour découvrir le nouveau matériel : L'aile "Instinct edge II" de Ozone est plus rapide et plus maniable que la "sport" de l'année dernière. La planche DOLL est surprenante d'accroche et de légèreté, elle amortie très bien le clapot et pour ne rien gâcher elle est magnifique.J'ai mis en marche ma balise "spot" pour controler si elle captait les satellites... ouf, ça marche ! Vous pouvez voir ma position ci-dessous (rubrique "ma position")
Je pense rester à Paracuru encore 2 jours, le temps de me remettre en jambe et prendre contact avec Yann, mon météorologue préféré, pour affiner certains détails...
Un gros bisous à tous ceux à qui je n'ai pas pris le temps d'écrire !!
14 septembre : Merci pour les encouragements !!! Ca fait plaisir, d'autant que je me sens un peu seul ici, il n'y a que des Brésiliens, dont je ne comprends pas un mot... et quelques allemands qui ne comprennent pas mon anglais!!!Je me ballade constament avec mon "parler Brésilien pour les nuls" dans la poche, je fais des progrès énormes...enfin je pense car les gens du coin me regardent moins avec des yeux de "merlans frits"
Hier et aujourd'hui j'ai fait des essais avec la caméra. Finalement je ne prendrai pas le caisson étanche pour la caméra hd, il est trop lourd. J'ai kité 1heure avec l'ensemble caméra et caisson, fixé sur le casque, c'est une horreur, 1kg qui se ballade d'avant en arrière et de droite à gauche au grès des vagues, j'ai le cou en compote de Tapioca (ça fait couleur locale) sans parler d'un coup de soleil digne du roi des "monchus" de la vallée de Chamonix. Sinon. j'ai réussi à scotcher la caméra hd sans son caisson, dans le boudin centraldu kite. Les images sont top, le seul hic est qu'il ne faut pas que la voile tombe à l'eau... Pour les photos je patauje encore, c'est pas facile de se prendre en kitant sans système de déclenchement à distance.
Demain dernière journée de réglage, je prendrai le bus pour Fortaleza mardi à 5h du mat et espère être à Maceio, le départ du Kite-bivouac, mercredi soir ou jeudi matin. A bientôt...
15 septembre : Aujourd'hui derniers essais pour la caméra et surtout pour travailler les décollages et posés de l'aile par vent fort... c'était pas triste, heureusement le coin était désert, personne pour voir mes ânneries !!! Finalement j'ai retiré les lignes de rappel de la cinquième ligne, de ce fait le posé est vraiment cool sans risque de fusiller la voile
Ce soir, grâce à mon "impressario" (Régine se reconnaîtra), j'ai dîné avec deux français super sympa qui se sont installés à Paracuru et ouvert une Poussada magnifique. Alors si vous n'avez rien à faire, venez donc au Brésil et passez les voir, comme on dit à Chamonix "c'est monstre bon"
Pour contacter Jean-Louis et Eve : http://www.pousada-paracuru.com/
16 septembre : Je suis le roi des c...
Ce matin j'ai pris le bus comme prévu pour Fortaleza (2h de route) et au moment de payer mon billet pour Maceo, le gars du guichet me demande mon passeport... problème, je l'avais laissé à Paracuru ayant peur de le mouiller ou le perdre. Je me suis donc taper un aller-retour à Paracuru pour le récupérer. Bilan des courses, je ne prends le bus que demain matin pour Maceio et devrais arriver là-bas jeudi midi. Bonne nouvelle au milieu de ce "chni" (sais pas comment ça s'écrit?), Yann, mon atout météo me dit qu'il y a autant de vent à Maceio qu'à Paracuru...
Dans les rues de Fortaleza avec mon bardas
Je voulais vous dire combien j'apprécie tous les messages d'encouragements que je reçois par mails ou par le blog, c'est une source d'énergie incroyable qui me donne des ailes, MERCI
18 septembre : Me voilà au point de départ du kite-bivouac, Maceio. Arrivé ce matin vers 2:00, je me suis jeté dans la première Pousada du coin pour dormir avant la navigation tant espérée... Au réveil, 6 octas d'alto-cumulus obstruaient le ciel, du coup pas ou peu de vent. J'ai quand même traversé la ville avec mon barda pour rejoindre la plage... la planche me démangeait !! Je suis resté à attendre que le vent veuille bien se lever toute la matinée. C'est ce que je redoutait le plus, le manque de vent sur la partie sud du parcourt... Je reste donc en attente dans un petit hameau au nord de Maceio où j'ai trouvé une chambre chez l'habitant. Demain sera un autre jour, je touche le superbe bois de ma planche DOLL pour que le vent se secoue un peu... et puis comme dit ma maman, à toutes choses malheur est bon, à défaut d'être mouillé je serai bronzé... je vois d'ici la tête de mes sponsors !!! Comme je dis à mes clients : Vous en faites pas, ça va bien se passer...
19 septembre : Ce matin 6 h00 idem, même couverture nuageuse et évidement, pas de vent. J'ai tout de même gonflé la voile pour conjurer le sort, pris mon temps pour préparer mon sac à dos, déplié les lignes et fermé soigneusement tous mes sacs étanches. Je prenais réellement mon temps en me disant "ça va venir, ça va venir". j'ai dû ouvrir et fermer mon sac au moins 10 fois, oubliant à chaque fois (à mon avis volontairement) un truc méga important. Quand tout était prêt, le vent avait gagné 1noeud, de 9 à 10. Optimiste le Gramush avec sa 11m², ses 78kg et son sac à dos de 12kg, j'ai quand même essayé de naviguer...je ne suis pas arrivé á toucher l'eau ... j'ai même cru entendre ma planche râler!
Du coup, je me suis jeté sur un "cafe da manha" (petit dej) à base de poisson, tomates et manioc. Trois coups de soleil plus tard, le vent était encore plus bas, il avait suivie la marée ! C'est un peu énervé que je suis parti en stop direction Recife et fini les derniers 100km en bus local pour me poser dans la charmante petite ville d'Olinda, au nord de Recife. Là surprise, 15kts de vent à 18:30, ça promet pour demain ! J'ai retrouvé la pêche, ce soir je mange du requin...
Merci beaucoup pour tous les commentaires laissés sur ce blog, je prendrais petit à petit le temps de vous répondre, Promis !
20 septembre : 111 km Aujourd'hui le vent est parfait, mais le départ est impossible depuis la plage d'Olinda. Le surf et le kite sont interdit sur tout le littoral de Recife. Je n'ai pas eu le temps de déplier la voile qu'un policier me demandait de déménager 10km plus loin. Je suis donc parti d'une plage plus au nord avec un bon 15kts SE. Cette fois-ci c'est la bonne, la mer est calme, naviguer est facile..
.mieux se serait indécent ! Mon gps ne marche pas très bien, il a pris l'eau comme celui de l'année dernière. Je navigue donc à vue sans trop savoir le nom des villages. Première grosse gamelle après 1 h sur la planche. En fait, le strap du pied arrière s'est dévissé pendant le transport routier et il a attendu que je sois à 2 km au large pour me lacher... Le temps de rejoindre une plage, revisser tout ça et c'est reparti.
Le littoral est superbe, bordé ici de dunes et là de belles falaises de sable congloméré travaillé par la pluie et le vent. Après 3 h de nav, je me fais un petit casse croûte dans un restau perdu au millieu des falaises. L'après-midi se passe en douceur malgré le sac à dos qui devient douloureux par les chocs répétés, il est peut-être un peu lourd. J'ai vu pas mal de tortues et mon premier aileron. Il ressemblait fortement à celui d'un dauphin, dans le doute j'ai quand même fait 3 litres d'huile et pendant les 10 mn suivantes ma moyenne horaire a augmenté, vas savoir pourquoi ?
Plus tard, alors que les battements de mon coeur étaient redescendu à 30...à 120, je croisai au large de Joao Pessoa et rencontrai les premiers Kitesurfers.
C'est à Ponte Lucena que je choisi de me poser, les jambes lourdes et le dos en vrac...première nuit dans une pousada sur la plage et diner chez la maman de Renato, un gars sympa qui m'a aidé à acoster. je pense avoir fait à peu près 100km.
21 septembre : 110 km Ce matin je paye mon manque de gestion de l'effort d'hier. J'ai des muscles dans les jambes qui doivent pousser, ça fait mal... Renato est au rendez-vous sur la plage, il m'aide à déplier. La gentillesse et l'accueil des brésiliens du Nordest n'est pas une légende !!
La première partie de la navigation est bien cool. Les bords de plages se succèdent, la marée descendante laisse de grandes zone de plats sur lesquelles il est facile de glisser. La deuxième l'est beaucoup moins et va mettre mon endurance à mal. La mer devient agitée et le littoral n'est qu'un immense recif interdisant tout repos. Les gamelles et lavages de sinus sont au menu...
Je pensai pouvoir rejoindre Natal, mais ces derniers km ont eu raison de mes jambes. Je me jette littéralement sur la première plage accessible et habité du coin, 30km avant Natal. Au compteur, entre 90 et 100km.
22 septembre : 120km Que de tortues aujourd'hui, il s'en est fallu de peu que je surf sur le dos de l'une d'entre elles !! Super journée, mer facile, belles vagues et des km de lagunes pour filer à toute allure. Du coup, je n'ai plus mal aux jambes. Rencontres sympa avec des pêcheurs voulant faire la course et surtout superbe traversée de Natal.
Ce soir je suis à San Miguel de Agosto, petit village au nord de Touro. Au compteur : Je pense que les 100 y sont... Je vous laisse pour aller manger, merci encore pour tout ces messages de soutien, je ne suis pas sûr de mériter vraiment tous les compliments, mais bon, c'est toujours bon à prendre !
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23 septembre : 147 km Journée cool et reposante, la mer était bien calme et le vent constant. Par contre ce dernier était "off shore" (soufflant de le terre vers la mer), interdisant tous problèmes sous peine d'avoir beaucoup de mal à rejoindre le bord. Il suffit de ne pas trop s'éloigner. J'ai croisé peu de pêcheurs mais beaucoup de poissons volants, sautants ou flottants (morts) et pour la première fois un bébé tortue, c'était tortant tordant !
Je me suis arrêté à Galhinos pour manger une "carne de sol" et des frites au parmesan (essayez, c'est très bon!). L'après-midi a été un vrai régal, l'onde était large, le vent fort et la surface de l'eau bien régulière. Belles parties de surf sur plus de 50km, que demande le peuple ! Vers 16h, une pousada me tendait les bras sur la plage de Ponto do Mel. Au compteur du jour : plus de 100km, c'est sûr.
24 septembre : 107 km Autant la journée d'hier était top, celle d'aujourd'hui était pénible. Le vent, cette fois, est descendu progressivement de 12 à 8 kts pour remonter à 11 ou 12 kts en fin d'après-midi. J'ai passé la matinée à "ramer" comme un malade pour ne pas couler. Arrivé au village de Tibau, je me suis fait acculer (...) sur une plage de 10m de profondeur et border d'une ligne électrique.
Trois km comme ça, avec la voile à quelque mètres de la ligne et moi, les pieds un petit peu mouillés, je me voyais bien finir en "carne de sol" (viande grillée). Rien que pour poser la voile ailleur que sur la ligne, c'était "chaud". Le vent étant tombé à 8 kts, j'ai tout plié et continué à pied pour passer le temps. Je n'avais pas franchi 3 km que le vent remontait à 12 kts. Dépliage du matos et plouf dans l'eau.
Le cap de Tibau remonte au vent m'obligeant à tirer des bords pour le passer. Résultat, 1h20 de galère pour franchir 8km de plage. Une fois le cap passé, le vent est de nouveau retombé petit à petit. J'ai fini ma course à "bout de souffle" 5 km avant Canoa Quebrada
. Demain, si le vent est avec moi, j'aimerai pouvoir me raprocher le plus possible de Paracuru (N de Fortaleza)
25 septembre : 174 km Départ de Majorlanda, 5 km avant Canoa Quebrada, il est 8:00... oui, c'est plus tôt que d'habitude, mais pas moyen de trouver quelque chose d'ouvert pour prendre ne serait-ce qu'un café.
Aujourd'hui, le vent est moyen moyen (12 à 15 kts) et il le restera jusqu'au bout. J'ai passé ma journée à "pomper" (c'est une expression...). Les 80 premiers km se sont quand même fait en douceur. N'ayant pas pris de petit dej, je me suis arrêté dans un village un peu avant Moro Branco, pour prendre 2 ouvos frito et 2 paos passado (oeufs au plat et pain grillé) accompagnés d'une cruche de jus de Maracuja (fruit de la passion)... Là, j'en connais 3 ou 4 qui vont baver !!
45 minutes plus tard, le vent toujours au ralenti, je suis reparti avec l'idée de ne plus m'arêter avant Paracuru. Tout allait pour le mieux quand au niveau de Fortaleza le vent est descendu de 1 ou 2 kts, suffisament pour m'empêcher de garder un axe constant et m'obligeant à tirer des bords pour maintenir ma planche hors de l'eau.
De plus il me fallait rester au large pour franchir l'immense jetée un peu avant Taïba. Au moment de la passer, le vent est de nouveau descendu, m'interdisant définitivement d'aller plus loin. je suis revenu sur le bord in-extrémiste pour finir les derniers 100m à la nage. Le coin était désert si ce n'est cette jetée utilisé pour charger les super tankers de Fortaleza.
Après 2 à 3 km de marche, je me suis installé dans une aire de pic-nic à l'abandon mais à l'abri du vent. Comble de bonheur, j'ai réussi à achetter du riz et des coeurs de poulets à un colporteur proposant ses produits aux routiers venus charger les bateaux.
Nuit tranquille, bercé par le vent qui s'est remis à souffler à fond !! (j'ai sûrement fait un truc pas net dans une vie antérieure pour mériter ça...)
26 septembre : 26 km
Réveil au doux bruit des camions venant charger les contenners... un coup de sifflet bref pour le petit dej et c'est reparti pour boucler ce que j'aurai dû finir hier, une ballade de santé de 30 km avec un 18 à 20kts. Me voilà de nouveau à Paracuru où je m'octroie une journée cool avant de repartir. J'en profite pour rincer tout le matos et refaire mon sac pour l'alléger. Un gros bisou à toute la famille côté Dupuis, merci á Jean louis et Elise pour vos gentilles attentions. Hé non, aujourd'hui je ne vais pas plus loin...
Distance parcourue à ce jour : 795 km
Je voulais écrire à tous ceux que j'ai délaissé et qui m'ont laissé de gentils messages, la famille proche ou éloigné, les amis ... je suis à la bourre, je n'ai pas encore fait mon sac pour demain, je vais profiter du blog pour vous remercier encore de votre soutien et vous dire que ce voyage, même s'il n'aboutit pas à grand chose, aura été pour moi un moment fort uniquement par ces échanges de mails et commentaires. Gros bisous à tous et toutes.
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27 septembre : 200km La journée d'hier m'a bien reposé. J'ai fait quelques achats, strapal pour les doigts, crème pour les lèvres et même une casquette PUMA, oui oui, Olivier tu as bien lu, une PUMA ! Mais à 2 euros ça doit être une contre-façon... Pour finir la journée en beauté, Jean louis et Eve (vivi pour les intimes) m'ont invité à partager leur filet mignon!
Ce matin, gros souci...je ne savais pas quelle aile je devais prendre. Le choix me direz-vous est assez restreint, je n'ai que ma 9m² et ma 11m². Tout le problème est là : à partir de Paracuru je suis sensé trouver beaucoup plus de vent, au moins jusqu'à Caburé (400km au nord de Paracuru) pour retrouver de nouveau une zone sans trop de vent entre Sao Luis et Belem. J'ai donc erré à 6h ce matin dans les rues de Paracuru à me demander quelle surface je devais prendre. La 11 avec le risque de me retrouver sur-toilé et ne plus pouvoir contrôler la voile dans le vent fort, mais aussi avoir plus de chance de passer la partie au nord de Sao Luis. Ou alors la 9m² avec la certitude de ne pas avoir de problème sur la première partie du parcours mais également l'incertitude d'être suffisamment toilé pour passer le delta de Sao Luis.
Finalement j'ai opté pour rester en 11m², quitte à raccourcir les lignes à 15m au lieu de 25 pour avoir moins de puissance dans le vent fort. je me suis donc retrouvé vers 7:30 en train de gonfler mon aile à coté du "kite Doctor" de Paracuru ( un kiteur très sympa, qui répare les voiles de kite du coin...il a du boulot le garçon!). Kite doctor gonflait une 7m²... avec un petit sourire en regardant ma voile. Trop tard, c'est décidé, j'aviserai en temps voulut. Le début a été cool, ça avancait bien, le vent n'était pas très fort. Arrivé à Frageras (ou quelque chose comme ça) il est monté par à coups jusqu'à 25kts. Quand je me suis posé à Icaraï pour manger il devait friser les 30kts. Un petit coucou à Alan et son école de kite http://www.pais-tropical.com , le coin est superbe, Icaraï est encore un village préservé, amis kiteurs ne cherchez pas plus loin, c'est le paradis!
Comme prévu le vent est monté d'un cran l'après-midi, je crois avoir fait plus de parapente que de kite, surtout en arrivant à Jericoacoara. La voile bridée à fond, toujours en haut de fenêtre, malgré ça je passais d'un sommet de vague à l'autre sans toucher les creux. Inutile de me demander des photos...je n'ai jamais lâché la barre. Me voilà donc à Jericoacoara, Oui Jean Louis, tes prévisions étaient bonne, j'aurais pu facilement pousser jusqu'à Camocin voir plus, mais j'ai des courses à faire pour ma douce à Jerico... Au compteur : 200km
Demain journée cool 100km max.
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28 septembre : 125km Réveil tranquille vers 7h00 pour prendre un petit café au centre de Jericoacoara. Ici, les rues sont en sable, il faut un 4x4 pour accéder au village...ou un kite. Le site est magnifique, une belle falaise à l'Est, une petite dune du Pyla à l'Ouest et au milieu des maisons basses parsemées de cocotiers. Le seul hic, le site a du succès, trop de touristes à mon goût. Sur la plage un Canadien très sympa vient taper le bout de gras et m'aide à décoller. Le vent est "off shore", ça me fait toujours bizarre de m'éloigner du bord avec le vent poussant vers le large... Il me semble qu'une porte sur l'immensité s'ouvre devant moi pendant que celle sur la plage se referme, un peu comme lorsque l'on quitte le refuge par mauvais temps !
La matinée est sans problème, si ce n'est qu'il me faut rester constament vigilant pour éviter les nombreux rochers et pièges à poissons affleurant. Superbe moment lorsque deux poissons très effilés se sont joint à moi sur une centaine de mètres. Leurs dos était vert émeraude, ils sont resté à 50 cm de ma planche, comme s'ils voulaient m'accompagner. Le début d'après-midi fut bien plus "sport", la mer s'est creusé avec le vent fort et j'ai traversé mon premier "champs de mine".
Pour vous donner une idée, c'est une zone où les vagues n'obéissent à aucune règles ou logiques, elles viennent aussi bien de la droite, de la gauche, de devant ou de derrière ou encore des quatre directions à la fois!! On pourrait le comparer à un champs de bosses énormes et mobiles en ski... l'horreur !
Pour couronner le tout je me paye la gamelle du siècle. Il y avait un moment que je visai une zone de plat sans vagues ni clapots, ces zones peu profonde où l'on peut glisser à fond sans risquer de se faire désarçonner. J'étais à mac 12 à l'entrée de la dite zone, tout ce présentait bien pour que j'éclate mon record personnel de vitesse. C'est ce moment précis qu'a choisi un vague, que dis-je, un tsunami, parti 1 mois plus tôt des côtes Sénégalaises, pour rentrer dans MON terrain de jeux. La suite est facilement imaginable, j'ai mangé 3 kg de sable par tous les trous... (...celui-là aussi, Brigitte!) et fini avec le panta-court en bouchon dans la raie des fesses et un gommage aux avants bras et aux cuisses. Mon ego est resté intact, le coin était parfaitement désert !
Juste avant de me poser à Luis Correia j'ai traversé une compétition de kite, ça volait dans tous les sens, je suis passé discretement avec mon camion...
Demain j'espère naviguer jusqu'à Caburé et le lendemain franchir le delta de Sao Luis. Une petite pensée pour mon Tommy qui rentre demain en université !!
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29 septembre : 0 km
Tout va bien, je vous rassure, vous l'avez deviné, je n'ai pas bougé de Luis Correia. Si ma balise n'émet pas c'est que je ne l'allume que pour la navigation, histoire d'économiser les piles. Ce matin j'ai explosé le boudin central de l'aile. Au moment de la décoller, lors de la mise en tension des lignes, un grand boum s'est fait entendre. J'ai cru d'abord à l'ouverture du bouchon de purge, que nenni, le boudin a explosé sur 20cm. Incompréhensible, le sable était propre, il n'y a eu aucun à-coup... 
Je suis revenu sur mes pas vers le site de la compétition de kite traversé hier près de Coceira. j'ai fini par trouver une couturière et un "kite-doctor". Ils me donnerons le verdict ce soir. Si la réparation est possible, je repars demain voir après-demain. Sinon, c'est le bus pour Paracuru qui m'attend !! Le moral est bon, voir meilleur, ce genre de mésaventure fait parti du jeux, je préfère que le boudin explose ici qu'au large ou dans une zone désertique.
Si je repars, ne vous faites pas trop de souci sur mon silence, je ne devrai pas trouver de cyber café avant Sao Luis.
La photo du haut montre l'installation de fortune de mon GPS sur la barre de contrôle.
30 septembre : 135 km Rdv ce matin avec Barilou, le doc kite de Coqueiro, pour réparer le boudin principale de mon aile. 2h de travail plus tard, je décolle direction Caburé avec vivres et eau. Je dois longer 135km de désert sans possibilité de me ravitailler. Il ne faut pas non plus que j'ai le moindre problème matériel et encore moins humain. Je vais passer mon temps à observer la réparation de Barilou... Le vent est irrégulier, affichant tantôt du 25kts, tantôt du 15 voir moins, content d'avoir une 11m². La mer est assez facile mise à part 3 ou 4 "champs de mines" pour chars d'assauts.
Les plages sont constellées de souches plus pointues les unes que les autres, ruines de la guerre entre le désert et les mangroves. Quand Caburé pointe à l'horizon, j'ai les jambes lourdes et les pieds qui fourmillent. Je n'est pas pu changer de bord de la journée, la navigation se faisant "au près". Une bonne nuit de repos me sera indispensable, voir même une journée .... 135km de désert c'est usant moralement. La déchirure de mon kite me fait prendre conscience de ma propre fragilité sur cette zone désertique. Au moindre problème, je risque tout simplement d'y laisser ma peau. il faut que je gère au mieux mon stress de façon qu'il n'agisse pas sur mon gestuel. Durant la traversée de Sao Luis je ne dois pas faire la moindre erreur. J'ai le même ressenti que dans un solo en montagne.
1er octobre : 120 km Départ de Caburé pour 85km de désert en logeant les "lencois de Marenheres", suivi d'une traversée de 22km pour rejoindre l'île de Santana. Il doit faire plus de 35°, je navigue entre deux océans, l'un fait d'eau l'autre de sable. Ce dernier est vierge de traces, 3 heures de navigation sans voir âme qui vive, même les poissons semblent avoir déserté le coin. C'est dans cette ambiance que j'attaque la traversée vers l'île de Santana...22km à parcourir avec pour seul objectif le "sans faute". Le vent est un peu off shore, rendant difficile un éventuel retour sur la plage. J'ai le même sentiment qu'à Jéricoacoara, une porte s'ouvre devant moi sur rien, tandis qu'une derrière se referme. Je reste concentré sur mon gestuel et ménage ma voile et mes lignes. La houle devient importante, il me faut constamment jouer entre la glisse de la planche et la pression de ma voile. L'île de Santana est faite principalement de mangroves, je commence à l'apercevoir à la moitié du parcours. Enfin des traces de pêcheurs, c'est la première fois que je suis content d'éviter ces satanés pièges à poissons. 15 km de plage et voici le premier carbet, sorte d'abri construit sur pilotis. A peine arrivé, les occupants m'offrent gîte et couvert. Au menu, poissons, crevettes, riz, farine de tapioca, jus de fruits et siestes dans le hamac...
Ils sont deux à vivre ici depuis 12 ans avec leurs poules, cochons et 1 chien. Les pêcheurs du coin les ravitaillent régulièrement contre un repas ou un toit. Ils ne comprennent pas d'où je viens et me demandent pourquoi je me suis fait poser ici en bateau... Finalement, après moult explications et pantomimes, ils saisissent que je navigue à l'aide du kite (c'est la première fois qu'ils en voient). L'aventure en elle même ne les impressionne pas outre mesure, ils pêchent sur des barques qui flottent à peine mieux que ma planche...
C'est la vitesse qui les interpelle, surtout quand je leur dit que le record du monde de vitesse vient d'être battu par un kite à près de 50 kts !! Les yeux grand ouvert, ils s'imaginent en installer un sur leur bateau...
Pendant le repas ils ont la mauvaise idée de me parler des requins présent autour de l'île, ma nuit aurait pu être meilleure!!
2 octobre : 80 km "Capuché" et "Chris" m'accompagnent sur la plage pour monter le kite, ces pêcheurs de l'île de Santana n'en n'ont jamais vu. Ils hallucinent de voir la simplicité de l'outil.
Je les quitte après quelques accolades à la hauteur de leur gentillesse!! La navigation commence tout de suite par une traversée de 25 km, je ne vois pas l'objectif mais c'est normale. Le vent est excellent et la mer peu agitée, je croise un ou deux bateaux qui doivent se demander d'où je viens mais surtout où je vais. L'eau est boueuse, preuve que je suis entré dans le delta de Sao Luis. L'île que je dois atteindre (Cajuru ou quelque chose comme ça) se fait désirer, je viens de parcourir plus de 15 km en pleine mer et je ne la vois toujours pas, je me demande si mon gps marche bien ou si je l'ai correctement pointé. Du coup je navigue en zig zag pour tenter d'autres azimuts et je me crève les yeux à essayer d'apercevoir cette saleté d'île. Je suis prêt à faire demi-tour quand elle perce l'horizon, enfin un point de repère et quelque chose à penser. Lorsque j'étais entouré d'eau, j'avais du mal à me concentrer et mon esprit dérivait facilement vers les histoires de requins ou de casses de matériel. T'as du marin là!!!
Derrière l'île je découvre Raposa, une petite ville au nord de Sao Luis. Je décide de traverser directement sur Alcantara, il n'y a que 30 km et la côte toute en relief est visible. Le vent est monté qu'un gros cran, je suis obligé de brider ma voile. Au milieu de la traversé la houle est énorme, je ne serais dire la hauteur des creux, de peur de dire une bêtise, mais j'avais l'impression de descendre une piste de ski en surf et dans les secondes suivantes être en train de remonter en téléski. C'est peut-être une traversé à faire plutôt le matin... Je tire mon chapeau aux navigateurs qui se lancent sur les grandes traversées, je pense à toi Pierre en particuliers, Chapeau bas !! Ma traversée à moi était bien petite mais elle m'a mis la pression de mes premiers solo en montagne...
Alcantara, rien à voir avec le tissu des sièges de bagnoles... est la base aérospatiale du Brésil, et vous me croirez ou pas mais j'ai trouvé le moyen de me poser sur la plage de la base. je viens de me taper 4 h de contrôle auprès des commandos du coin. Tout y est passé. points gps, derniers appels sur le portable, les films et les photos... Ils sont restés sympa et m'ont finalement ramené en ville.
A part ça, je crois avoir fait une faute de débutant, je suis coincé au fond du delta de Sao Luis car le vent est trop rentrant, je suis incapable de le remonter avec le kite. Il aurait fallut que je traverse beaucoup plus au nord. La solution serait de franchir en bus les 50 km afin de sortir du delta. J'ai l'impression que ça gâcherait tous, je me laisse une nuit pour réfléchir et décider demain ce que je dois faire. Quoi qu'il en soit, je suis super content du parcours et suis prêt pour tenter le record dès mon retour sur Paracuru. Merci pour tous vos messages de soutiens!!!
4 octobre : 500 m Oui, vous avez bien lu...500m parcouru aujourd'hui, grosse journee !! Vous avez du comprendre que je suis revenu sur Raposa pour tenter de traverser de nouveau le delta de Sao Luis mais cette fois plus au nord de façon a me sortir de l'embouchure. Le vent etait de 10 kts NE, j'ai tout de meme essaye, mais j'avais toute les peines du monde a me maintenir a flot.
Dans ces conditions la traversee est impossible surtout sur 50km. La meteo du coin annonce vent faible sur les 3 prochains jours. J'ai demande conseil a mon meteorologue prefere et je retenterai demain.Si le vent se maintien je projette de rentrer sur Paracuru lundi afin de preparer la tentative de record du monde de distance sur 24 h.
Excusez moi pour les accents, mon clavier ne veut rien savoir...
Hier soir, grosse fete sur Sao Luis pour cloturer la campagne des elections municipales. Les Sao Luisettes sont toujours aussi jolies....
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6 octobre : parcours total 1450 km
Beaucoup me posent la question sur la difficulté du parcours entre Sao Luis et Belem. En fait celle-ci, bien que très déchiquetée est plus habitée que la partie entre Luis Correia et Sao Luis. La seule interrogation est au niveau du vent. Beaucoup de pêcheurs interrogés me disent qu'il est moins fort en allant vers le nord. Voyant le vent toujours faible à Raposa, ces indications m'ont sûrement influencé et aidé à prendre la décision de revenir sur Paracuru. Je vous écris donc de là-bas, après avoir fait ma petite lessive, rincé mon matos et fais une sieste... 17 heures de bus ça fatigue. J'attends mon pote Hubert qui doit arriver demain et qui m'épaulera pour la tentative de distance. Je vais attendre la pleine lune pour avoir des chances de pouvoir naviguer de nuit. Mon objectif est de réussir à franchir 200km de nuit afin de passer la barre des 500km en 24h. Mes jambes devraient tenir le coup (enfin j'espère...), faut-il que le vent fasse de même. Pour pouvoir faire plus de 500km, je dois partir de Fortaleza. 24h de navigation devrait m'amener au beau milieu du Lençois de Maranhenses, en plein désert. Il me faudra peut-être passer une nuit sur la plage pour continuer le lendemain et sortir au nord de Primeira Cruz.
Je vais être plus discret les jours à venir et vous préviendrai 2 ou 3 jours avant de partir pour la distance. Je voulais également tous vous remercier encore une fois pour vos messages dont la gentillesse et la régularité m'aident et me touchent vraiment !!!
12:32 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kitesurf, distance, brésil





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