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25.03.2008
2007 Downwind 1120 km
1120 km de downwind entre Natal et Sao Luis (NE Brésil)
La vidéo de jour 1 à jour 12 :
Quand on vit au cœur du massif du mont blanc et que l'on travaille dans le secteur du parapente ou de l'alpinisme toute l'année on rêve.... de kite et de plages tropicales. En novembre 2006 c'est le coup de cœur pour le kite et le Brésil; Avec Eric Gramond on se jure de revenir l'année suivante pour réaliser un périple de plus de 1000km sur la cote Nord Est, sans assistance. En parapente, l'idée de voyager en autonomie sur des centaines de kilomètres, fait désormais partie intégrante de l'activité. Les Alpes, l'Himalaya, les hauts plateaux d'Abyssinie ont été traversé de part en part par des pilotes en mal d'aventures. Alors l'idée de voyager en kite semble tout autant naturelle.
Bien sur, le Brésil semble l'endroit parfait pour un tel projet, des milliers de kilomètres de plages ventilées quotidiennement par les alizées. On rêve pendant des mois sur Google Earth devant les cartes mais ou commencer ? Recife: trop de requins, pas assez de vent. Natal semble être le bon compromis, à 600 km au sud de Fortaleza. Où finir, Sao Louis, Belem ? Eric toujours très motivé , semblerait prêt à croiser à 30 km au large, pour un bord de 100 km sans toucher la côte afin de passer la baie de Sao luis. Cette baie est un gros obstacle pour rejoindre la côte déchiquetée et limoneuse direction Belem. On utilise la règle pour mesurer la ballade, 1600km. Non, vraiment, pas pour moi, au risque de faire de la peine à Eric, Sao Luis c'est déjà pas mal avec 1200km.
On a seulement quelques mois de pratique, mais après tout le down-wind ce n’est pas trop compliqué...mais quels matériels choisir ? Quelle taille de voile ? Quelle board ? Notre petite expérience autour de Fortaleza, nous indiquait que le meilleur compromis semblait la 9m² mais le sud, Natal, reste un mystère dans notre préparation. Quelques pessimistes de nature semblaient penser que le vent se ferait rare en cette période de l'année. Nous décidons de réaliser les premiers 600km en 11m², puis changer de matériel a Paracuru près de Fortaleza, notre camp de base où nous attendrons les 9m². Question Board, des twin tip polyvalentes du style 134cm feront l'affaire. Mais Eric craque sur sa planche mutant afin de profiter des vagues sur le chemin.
Pendant 15 jours on se chauffe les jambes autour de Paracuru. On réalise 2 down winds de 90 km entre Paracuru, Icaraï et Jericoacoara. On est donc capable de couvrir de bonnes distances, mais est-ce que je tiendrais le coup sur plus de 1000km ? J'ai la rotule un peu fragile et je me suis fait opérer du ménisque l'année précédente. Inch'Alla
Le 8 novembre au soir nous quittons Fortaleza en bus de nuit pour rejoindre Natal. On est plutôt léger, avec pour tout bagages, une planche, un kite instinct 11m², un sac étanche, un hamac léger, un tee-shirt et un pantalon, une paire de tong, de l'argent et pour 2, une pompe, une camera dans un caisson étanche à se répartir.
Jour 1
Le lendemain matin à 6h, nous errons dans la gare routière à la recherche d'un transport en commun, direction la plage... laquelle on ne sait pas trop, on veut juste traverser la ville et trouver la rampe de lancement pour Sao Louis à 1200 km d'ici. A 8h45 c'est parti, on est sur l'eau, avec 18 nœuds, et un petit stress pour passer la barrière de vagues au milieu des rochers. On attaque un premier bord de 10km, à quelques kilomètres de la côte. La cité défile à bâbord, un immense pont suspendu traverse la baie, c'est un jolie départ! Les conditions sont parfaites les vagues cassent assez loin du bord, on prend une bonne vitesse le long de la plage...jusqu'à ce que je m'enroule la ligne d'un pêcheur entre les jambes. Il est vraiment pas content, normal. Première leçon, garder les yeux ouvert....
Le vent reste assez fort et on est souvent obligés de trimmer notre voile. Mais au coucher de soleil le vent tombe, on se retrouve sensiblement sous le vent de la côte. Les derniers 200 mètres qui nous séparent de la plage, se font à la nage, les kites à l'eau.... Nous sommes arrivés à St José, à 88 km de Natal tout près de St Miguel de Gostoso. On pose les hamacs dans une petite cabane sur la plage, et on s'offre un bon petit restaurant à quelques dizaines de mètres de notre premier naufrage.
Jour 2
Le vent se fait attendre et nous décollons à 11h. Après quelques Kilomètres de navigation, nous passons le spot de St Miguel de Gostoso et ses dizaines de kites sur l'eau. On s'offre une petite pause et on discute 5mn avec Ernesto, un Italien moniteur de kite sur spot. Il connait vraiment toute la côte Nord est du Brésil et en quelques instants on y voit plus clair dans notre projet! Merci Ernesto! C'est reparti pour 50 km de downwind sur des plages désertes jusqu'à Caicara. Nous posons nos kites au milieu des barques et des cocotiers, dans cette petite ville oubliée des circuits touristiques, pour s'installer dans une paisible petite poussada (auberge local). 55 km au compteur, pour une petite journée de navigation.
Jour 3
Passé Caicara, on atteint un spot de rêve, une lagune énorme, entouré de banc de sable, forme un terrain de jeux sur plusieurs kilomètres dans une eau azur. Puis l'on croise des puits de pétrole, et les complexes démesurés de raffinerie sur la côte. On se lance dans la traversée d'une baie et l'on croise au large sur 37km. Plein les jambes, on pose nos kites à Ponta do Mel petite station balnéaire perdu au milieu de dunes multicolore. 95 km au compteur
Jour 4
Toute la nuit le vent a hurlé dans les fenêtres de notre confortable poussada
Il est 16h et nous patientons sur la plage depuis ce matin. Les pêcheurs nous promettaient le vent pour 13H... On craque et on se jette a l'eau, on arrive tout juste à se maintenir hors de l'eau. On a l'impression de ramer et on ressemble plus à des galériens qu'a des kitesurfers... A 17H on a parcouru 20km et au coucher du soleil on pose notre sac à Baixa Grande, un village de pêcheur. Désert, il a des airs de village fantôme.
Le vent est toujours assez faible mais nous naviguons tant bien que mal jusqu'a Tibau, la ville qui marque la frontière avec l'état du Ceara. 15 km après la ville nous découvrons un immense haut font, l'eau est parfaitement plate sur des kilomètres et malgré le vent faible, nous hurlons de plaisirs en glissant sur 20 cm d'eau. A 3 km au large de la plage nous avons de l'eau jusqu'a la cheville mais nous croyons rêver lorsque nous apercevons une mule toute seule. Son propriétaire, un pêcheur, s'affaire à quelques centaines de mètres avec ses casiers. Le vent s'essouffle et on commence couler! On patiente à Ponta Grossa durant 2h30, le long de magnifiques falaises cramoisie. A la marée montante le vent accélère assez pour nous permettre de rejoindre Canoa Quebrada. 85km au compteur.
Jour 6
Nous continuons le downwind au milieu des falaises et des multiples poussadas qui semblent pousser sur la cote comme des champignons. A Morro Branco nous apercevons les touristes sous les sources d'eau douces tombant en cascade des falaises. Nous passons de purs spots de vagues et Eric semble comme un fou avec sa planche mutant. A 16h30 je suis mort de fatigue, et l'on s'arrête devant le Beach park dans la banlieue sud de Fortaleza. 110 km au compteur.
Jour 7
Nous sommes le 15 novembre et c'est jour férié; A Fortaleza la plage de Futuru est pleine a craquer. Nous slalomons entre les surfers au milieu de jolies vagues, mais nous devons avancer. Une immense digue de 3 km nous coupe le passage et nous partons a plus de 5 km de la côte, on en profite pour faire du tourisme au près d'un énorme "porte conteneur" qui mouille au large. Des marins nous saluent sur le ponton. Arrivée à Cumbuco, une centaines de kite croisent devant la plage. C'est assez irréel après notre down-wind en solitaire. C'est ici même que mon sac étanche décide de lâcher, Eric improvise un cours de couture sur la plage au milieu des buggys et 4x4 de kiteurs qui rejoignent la lagune. Une fois passé la digue de Taiba on a l'impression d'être déjà à la maison. Nous atteignons Paracouru à la nuit tombée. 86 km au compteur
Jour 8
Day off a Paracuru, on passe la journée dans un hamac à Teta da praia notre auberge de Paracuru. Mais c'est aussi le moment de s'équiper en sacs poubelles. Nos sacs étanches ne le sont plus du tout, mon téléphone portable en a fait les frais. On range nos instinct 11m² pour partir avec nos 9m² qui nous attendaient chez la propriétaire de la poussada. Eric abandonne sa board mutant pour un twintip classique. C'est plus confortable
Jour 9
Nous partons de Quebra Mar, à Paracuru, direction Icarai à 90km. Nous atteignons le village en milieu d après midi. L'équipe de l'école de kite « Pais tropical » nous accueillent les bras ouverts, ils connaissent notre projet de down-wind... Ce soir c'est la grande fête de l'année au village, deux milles personnes sont attendus sur la plage, avec concert, et stand merguez! On est fatigué mais on ne peut pas louper ça.... On se donne la permission de minuit pour sortir.
Jour 10
Entre Icarai et Jericoacoara, une immense zone de mangroves s'étale sur une cinquantaine de kilomètres. Des casiers avec des systèmes d'entonnoir utilisant des piquets de bois sont autant de pièges pour les poissons que pour les kitesurfers, quand ils sont à fleur d'eau. A 15h on a déjà parcouru plus de 85km mais nous décidons de patienter jusqu'à la fin d'après-midi à Préa avant de rejoindre Jericoacoara. Les windsurfers sont nombreux devant le village et les kiteurs sont interdit sur le spot, nous préférons arriver à la nuit tombée... 100km au compteur.
Jour 11
On quitte Jerico avec un vent offshore (vent soufflant de terre) qui s'essouffle, je fais la résistance pour continuer à tirer mon bord, mais ma voile tombe à l'eau. Damned! à 1000m du bord, je nage vers ma voile et j'aperçois Eric sur la plage 1 km derrière moi. Le vent se lève doucement en side shore (parallèle à la plage)et je rejoins la plage en bodydrag. J'ai de la chance, Eric me fait la morale…. Une demi-heure plus tard le vent remonte à 20 nœuds. On passe la baie de Camocin et les kilomètres défilent. On kite déjà depuis plus de 6h, on a traversé plusieurs baie mais on a aucune idée de l'endroit où l'on se trouve. Est-ce que l'on est déjà dans l'état du Piaui? Au bout de 120 km, au coucher du soleil, on atteins Coqueiro, à 10km de Luis Correia. Je suis épuisé, Eric a la pêche!
Jour 12
On passe Luis Correia, un kitesurfer solitaire nous salut, et nous prenons la direction du delta du Parnaïba. C'est un immense estuaire, classé en réserve naturelle, composée d'îles recouvertes de forêts. Des milliers d'Ibis rouge, un magnifique échassier, vivent dans la mangrove. Nous traversons plus de 50km de plages désertes, des îles isolées dans le delta et complètement inhabitées. Les conditions sont difficiles, le vent est faible en 9m², les vagues cassent sur le bord, nous coulons régulièrement, on en a plein les bras. A 85 km du point de départ, nous atteignons la pointe de la dernière ile, à quelques kilomètres de Tutoia. Deux jolis carbets (abris de pêcheurs sur pilotis), sont posés sur une île de sable blanc, un bivouac parfait ! Des pêcheurs se sont installés pour quelques jours dans l'un des abris, et nous sommes invités à partager un véritable festin, crevettes, poissons et langoustes au feu de bois…. Nous racontons notre aventure, ils refusent notre argent. En pleine nuit, je suis réveillé par les vagues qui cassent sous mon hamac. La marée est montée, nous sommes suspendus au dessus de l'océan à 2 km au large de la plage la plus proche, le vent hurle! Quelle ambiance.
La vidéo de jour 13 à jour 15 :
23:08 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : downwind, kitesurf, brésil




Commentaires
site tres interessant Monsieur Gramond.J'aimerais vous connaitre pour parler de vos passions....
Bonne chance pour Septembre
Régine Mary
Ecrit par : regine | 31.07.2008
Merci madame Mary, savez-vous que vous avez un homonyme à toulouse !! une fille très bien d'ailleurs... qui passe beaucoup de temps sur son ordi... et je dois avouer qu'elle m'aide beaucoup dans ma recherche de sponsor.
Je vous enverrai donc de mes nouvelles parle biais de ce site.
A bientôt Régine
Eric
Ecrit par : Eric | 31.07.2008
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